Douleur thoracique fonctionnelle
d'origine œsophagienne présumée

Définition

Episodes de douleur thoracique, habituellement médio thoracique, de forte intensité (pseudo angineuses) et pour lesquels toute pathologie cardiaque a été exclue..


Epidémiologie

Sa prévalence est mal connue du fait du pronostic cardiologique attaché à cette pathologie. On estime cependant qu'on peut attribuer à cette origine une grande partie des 15 à 30% des coronarographies normales effectuées dans le cadre d'un bilan de douleur thoracique.


Critères diagnostiques

Depuis au moins 12 semaines, qui peuvent ne pas être consécutives,
au cours de la dernière année :

1 Douleur médio thoracique ou inconfort qui n'est pas une
brûlure thoracique.

2 Absence de reflux gastro-œsophagien pathologique, d'achalasie
ou de tout autre trouble moteur œsophagien primitif ou secondaire


Evaluation clinique

Après élimination d'une cardiopathie ischémique, d'un reflux gastro-œsophagien et de troubles moteurs œsophagiens, il convient lors d'une pH-mètrie des 24 heures, de rechercher une relation entre les épisodes de reflux gastro-œsophagien et les épisodes douloureux, même lorsque les scores de reflux gastro-œsophagien sur 24 heures sont compatibles avec la normale.

Du point de vue psychique, des anomalies sont retrouvées chez environ 60% des patients (anxiété, dépression, hyper somatisation) indépendamment des anomalies physiologiques rencontrées.


Physiopathologie

La physiopathologie de ce trouble n'est pas univoque. Environ 15% des patients présentent une hypersensibilité œsophagienne à l'acide et 50% des troubles moteurs distaux non spécifiques. Les tests de provocation (test à l'edrophonium et test de distension œsophagienne ne sont positifs que dans 50% des cas. Il a été montré que les patients présentant une douleur œsophagienne fonctionnelle ont des seuils de déclenchement de la douleur inférieurs à ceux des sujets témoins.


Traitement

L'approche thérapeutique est multiple. Certaines études ont montré l'efficacité des:
  • Inhibiteurs de la pompe à protons à forte dose pendant 1 à 2 mois. Cette stratégie fournit après 1 semaine de traitement, 75% de bons résultats chez des patients non sélectionnés.
  • Antidépresseurs à faible dose.

    D'autres études non contrôlées ont des résultats plus discutables comme celles utilisant des dérivés nitrés, des anti cholinergiques ou des anticalciques. De même, l'efficacité de la prise en charge psychologique de ces patients nécessite une évaluation complémentaire.