Introduction

Qu'est-ce qu'un trouble fonctionnel digestif ?

La pathologie fonctionnelle digestive est la plus fréquente des pathologies du tube digestif. On estime que 30 à 50% des consultations spécialisées (gastro-entérologie) et 5 à 10% des consultations de médecine générale se rapportent à une pathologie fonctionnelle digestive. Cependant, ces symptômes donnent rarement lieu à une consultation médicale, car leur prévalence dans la population générale est beaucoup plus importante (cf. épidémiologie). Lorsqu'un signe (nausées, vomissements, douleur, météorisme, diarrhée, constipation, etc. ) ou un ensemble de signes est fréquent et/ou de forte intensité et/ou invalidant et/ou responsable d'une diminution de la qualité de vie, la consultation auprès des médecins est fréquente. Le praticien recherche une pathologie (infectieuse, inflammatoire, cancéreuse ou de toute autre cause organique) qui bénéficie d'un traitement connu et/ou spécifique. En absence de pathologie organique, le patient est dit porteur d'une "pathologie fonctionnelle digestive" et traité de façon symptomatique. Cette méthodologie n'est pas spécifique à la gastro-entérologie, puisque aussi bien en cardiologie qu'en gynécologie, pour n'aborder que ces disciplines, la démarche diagnostique est comparable.

Données récentes sur les troubles fonctionnels digestifs.

Les données récentes sur les troubles fonctionnels digestifs résultent d'une part d'une augmentation des connaissances biologiques au sens large sur cette maladie et des progrès des techniques d'exploration, et d'autre part du développement de nouveaux modèles intégratifs des troubles fonctionnels digestifs.
L'augmentation des connaissances biologiques résulte d'une meilleure connaissance de la physiologie du tube digestif à tous les niveaux de l'organe à la molécule en passant par les échelons tissulaires et cellulaires, mais également une meilleure connaissance des tissus associés au tube digestif: nerveux et immunitaire (voir physiopathologie des troubles fonctionnels digestifs). Les progrès méthodologiques en exploration fonctionnelle (motricité, sensibilité, imagerie fonctionnelle – IRM ou PET-, etc.) ont permis de mieux caractériser ces troubles et de proposer des tests utilisables en recherche clinique voire en clinique. Enfin, les nouveaux modèles intégratifs ont permis de montrer que les causes univoques à l'origine des troubles fonctionnels digestifs (motricité, sensibilité, psychologie, infection, etc.) devaient le plus souvent se conjuguer pour créer une pathologie fonctionnelle digestive.

Méthodologie du développement des critères de Rome II.

La classification dite de Rome II est fondée sur l'hypothèse que pour chaque pathologie, il existe un ensemble de signes présents quels que soient les études cliniques et les groupes analysés. En quelque sorte, différentes études portant sur un même symptôme parlent de patients ayant un minimum de signes en commun, les signes utilisés pour la classification. Cette hypothèse repose sur trois données expérimentales:
L'existence de différences cliniques liées au site de la pathologie. Malgré la présence de signes variés chez les patients souffrant de pathologies fonctionnelles digestives, il existe des facteurs discriminants comme la douleur du colon irritable avec constipation permet de séparer ces patients souffrant d'une constipation fonctionnelle. Les données épidémiologiques montrent des résultats comparables dans différents pays.
La réussite de diagnostics basés sur des symptômes dans des disciplines aussi différentes que la rhumatologie ou la psychiatrie (DSM -IV).

Modélisation des troubles fonctionnels digestifs.

Les relations entre les facteurs psychiques, sociaux et physiologiques sont essentiels pour comprendre la physiopathologie des troubles fonctionnels intestinaux. Un modèle conceptuel a été développé.

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