Neurogastroentérologie

Le contrôle nerveux de la motricité digestive comprend 4 niveaux: deux périphériques (les ganglions paravertébraux et le système nerveux entérique) et 2 centraux (le cerveau et la moelle).

Les différents niveaux du contrôle nerveux

Les système nerveux entérique

Le système nerveux entérique constitue un réseau local pouvant fonctionner indépendamment des afférences des centres supérieurs. Il contient un ensemble de programmes commandant le fonctionnement du tube digestif aussi bien pendant les périodes interprandiales que postprandiales ou lors d'événements comme les vomissements.

Le système nerveux entérique diffère des autres structures ganglionnaires tissulaires par son organisation en réseau comparable à celle du cerveau ou de la moelle, ce qui le fait appeler "brain-gut" par les auteurs anglo-saxons. Il comporte 3 types de neurones: sensitifs, moteurs et des interneurones.

Deux types d'action peuvent être provoquées par les cellules nerveuses du tube digestif: des réflexes, action stéréotypée qui surviennent en réponse à la stimulation des neurones sensitifs (réponse à une distension intraluminale par exemple), et cadences, activité rythmique ou répétée. Cette activité programmée peut ne pas nécessiter l'intervention d'un stimulus pour être initiée.

Système nerveux extrinsèque

Le nerf parasympathique est la principale voie empruntée par les afférences centrales. La compréhension du fonctionnement des efférences parasympathiques a changé: dans la conception classique, les synapses parasympathiques agissent directement sur les neurones effecteurs, alors que dans la conception moderne, les efférences vagales transmettent l'information des centres supérieurs au système effecteur via les interneurones du réseau synaptique du système nerveux entérique.

Centres supérieurs

Plusieurs centres supérieurs sont reliés à ces voies: régions frontales du cortex et noyaux gris centraux, de fait les relations entre émotion, stress et fonctions digestives est bien connu, indépendamment de toute pathologie psychiatrique.

Voies de contrôle

Les centres supérieurs intégrateurs parasympathiques sont particulièrement impliqués dans le contrôle du tube digestif supérieur de l'œsophage au colon et des sécrétions pancréatiques et biliaires. L'interaction des centres vagaux dorsaux avec les centres supérieurs permet une adaptation rapide et précise aux modes alimentaires: anticipation, ingestion et digestion de repas de composition variable.

Réflexes vago-vagaux

Un réflexe dit vago-vagal permet un ajustement précis et rapide de la fonction digestive au contenu du tube digestif de l'oesophage jusqu'au colon. L'arc reflexe présente:

  • Les récepteurs sensitifs (tension, pH, mecano-, osmo-, gluco-récepteurs) sont liés à des neurones afférents vagaux.
  • Ces neurones sont connectés au noyau du tractus solitaire et au noyau dorsal du vague.
  • Les neurones efferents atteignent le noyau dorsal du vague via des synapses multiples.
Les neurones effecteurs peuvent aboutir à des éléments musculaires (neurones stimulateurs ou inhibiteurs modifiant la motricité et/ou le péristaltisme), ou glandulaires (stimulation ou inhibition des sécrétions).

Remontée des informations vers les centres supérieurs

Les réflexes spinaux gouvernant le tube digestif ont la même organisation que ceux controlant la musculature squelettique: les arcs reflexes sont localisés au niveau médullaire. Les voies centripètes rejoignent les centres cérébraux par des voies qui peuvent etre des réflexes monosynaptiques (vers les centres intégrateurs comme le cortex par exemple).

Traitement de l'information

  • Des processus mnésiques peuvent ensuite résulter de l'intégration des informations proprioceptives.
  • Les informations sensitives sont transmises aux centres supérieurs qui projettent leurs informations sur les voies réflexes expliquant ainsi l'action des émotions, du stress ou des évenements extérieurs sur les fonctions digestives.
  • De nombreux neurotransmetteurs (acetylcholine, acides aminés, oxyde nitrique, peptides, ..) participent à ces fonctions nerveuses.

Les récepteurs de la sensibilité

Le tube digestif possède des mécano-, thermo et chémo-récepteurs. Les corps cellulaire de ces neurones sont situés dans la couche des plexus myentériques.
  • Les mécanorécepteurs traduisent les évenements mécaniques survenant dans la muqueuse, la musculeuse, la séreuse ou le mésentère. Ils fournissent des informations, au cerveau entérique ou directent aux centres supérieurs, sur la tension musculaire, la longueurdes segments digestifs, ou les mouvements du contenu intraluminal, les récepteurs mésentériques codant pour les mouvements de masse.
  • Les tensorécepteurs sont importants dans la physiopathologie des troubles fonctionnels car les patients présentent une forte sensibilité à la distension qui se traduit cliniquement par des douleurs.
  • Les chémorécepteurs fournissent des informations sur la concentration des nutriments, l'osmolarité ou le pH du contenu intraluminal.
  • Les thermorécepteurs fournissent des informations sur la température du contenu digestif et la température des organes profonds.
  • La présence de nocirécepteurs, sensibles à la douleur, équivalents des nocirécepteurs périphériques connectés aux fibres C ou aux fibres , reste discutée.
Système nerveux entérique moteur

Physiopathologie

Pathologie motrice de la desinhibition

Pathologie fonctionnelle gastro-intestinale et
pseudo-obstruction intestinale chronique

Nausées et vomissements

Neuroimmunophysiologie

Coordination neuro-immunitaire et PFD

Neurophysiologie du CNS et PFD

Perspectives