Introduction
Muscle lisse
Oesophage
Estomac
Intestin
Colon
Défécation
Motricité digestive
Activité contractile du colon
Aspects radiologiques
La relative rareté et la lenteur de l’activité mécanique du côlon ne favorisent pas l’observation radiologique. Toutefois, certaines notions importantes ont été apportées par la radiologie comme la contraction en masse du côlon ou les contractions australes.
- La contraction en masse du côlon est rare (1 à 3 par 24 heures). C'est une onde propulsive puissante, qui fait disparaître les contractions australes. Elle prend naissance dans le côlon transverse et propulse la baryte jusque vers le rectum.
- Les contractions haustrales donnent au côlon son aspect sacculaire typique. Il s'agit de contractions de la couche circulaire qui font protrusion dans la lumière colique. La proéminence des haustras varie selon l’état de tension des tænia coli. Par ailleurs, l'observation radiocinématographie montre que le côlon ascendant et le côlon descendant sont principalement des sites de stockage, alors que le côlon transverse est surtout un lieu de transit. Les mouvements du côlon ascendant sont pour l’essentiel des contractions haustrales et dans les conditions basales, la progression du contenu est très lente (de l’ordre de 11).
- Les mouvements de rétropulsion vers le côlon droit sont fréquemment observés dans le côlon transverse.
- Enfin, le côlon distal est capable de stocker les matières fécales durant de longues périodes, mais il ne peut pas stocker les liquides.
Aspects manométriques
Fréquence de l'activité motrice du côlon
En période de jeûne, le côlon présente une activité motrice très réduite. Le pourcentage d'activité, c'est à dire le rapport de la durée de présence des ondes motrices à la durée de la période d'enregistrement considérée, dépend de
- la localisation du cathéter manométrique : la motricité du côlon droit est moins fréquente que celle du côlon gauche.
- la durée du jeûne préalable à l’enregistrement : si celle-ci est de 8 heures, le pourcentage d'activité dans le côlon sigmoïde est de l’ordre de 50 ; après un jeûne de 20 heures le pourcentage est entre 0 et 20.
Enfin, il existe de très importantes variations inter individuelles et intra-individuelles de la fréquence de l’activité colique. Ceci suggère combien les facteurs alimentaires, hormonaux, nerveux et psychoaffectifs modifient l’activité motrice du côlon.
Morphologie des ondes contractiles
Les enregistrements manométriques par ballonnets ont permis de décrire trois types d'ondes stationnaires : les ondes I, II, III
(Figure).
- L'onde de type I est brève (5 s), de faible amplitude (inférieure à 1 kPa), parfois rythmique.
- Elle ne correspond à aucune entité radiologique.
- Il s'agirait d'un « bruit de fond » lié au contact étroit du ballonnet avec la paroi de l’organe puisqu'on ne l’observe pas avec des tubes ouverts perfusés.
- L'onde de type II est phasique, plus longue que la précédente (12 à 60s) et de plus grande amplitude (1 à 3 kPa).
- Elle est liée à l’activité; de mélange.
- L'incidence de l'onde II augmente notablement dans le syndrome du côlon irritable, dans la maladie diverticulaire et dans les constipations avec hyperkinésie colique.
- Elle est pratiquement absente lors des épisodes diarrhéiques (quelle qu'en soit l’étiologie), ainsi que dans les constipations avec atonie colique globale.
- Du point de vue radiologique, elle correspond au phénomène de l’haustration.
- L'onde de type III est tonique, de faible amplitude (0,5 kPa).
- Elle provoque une élévation durable (2 à 6 min) de la pression endoluminale.
- Les ondes de type I et II lui sont superposées.
- Les agents opiaces (teinture d'opium, diphenoxylate, loperamide) augmentent l'incidence des ondes de type III.
- On a également identifié une onde péristaltique
(Figure).
: l'onde de type IV qui prend habituellement naissance dans le côlon transverse et balaie tout le côlon gauche.
- II s'agit d'une onde dont la durée est de l'ordre de 10 à 40 s, et l'amplitude est entre 2 à 8 kPa et qui, chez le sujet normal, n'apparaît pratiquement qu'en période post-prandiale immédiate (10 à 30 min après la fin du repas).
- L'incidence de l'onde IV augmente notablement au cours des diarrhées qu'elle qu'en soit l’étiologie, elle est à peu près absente dans les constipations d'origine colique (qu'elles soient hyper ou hypokinétiques).
- Du point de vue radiologique, elle correspond probablement à la contraction en masse du côlon.
- En exploration fonctionnelle, on préfère actuellement quantifier la motricité colique à partir d'un index qui tient plus compte de la fréquence et de l'amplitude des contractions que de leur morphologie.
Organisation spatio-temporelle de l’activité motrice du côlon
La motricité colique varie fortement avec l’alimentation
- Lors du jeûne l’activité motrice du côlon est aléatoire.
- Sur une durée d'enregistrement suffisamment longue (2 à 3 heures), le côlon est silencieux durant de longues périodes.
- A des intervalles de temps irréguliers (20 à 30 min), ces périodes d'inactivité sont interrompues par des bouffées de contractions segmentaires fréquemment superposés aux contractions toniques.
- Souvent rythmique, cette activité dure quelques minutes et sépare l’organe en segments.
La motricité segmentaire provoque une lente circulation interne, mais n'induit pas la propulsion.
Elle est au contraire à l’origine de résistances périphériques élevées qui s'opposent au transit des matières et des gaz.
La segmentation joue un rôle important dans le mécanisme de la douleur d'origine colique
(Figure).
- La segmentation est physiologiquement plus importante à la charnière recto-sigmoïdienne que dans les segments sous et sus-jacents
(Figure).
II y a donc dans cette région une barrière de pression a peu près permanente qui s'oppose au passage des fèces vers le rectum.
- En période postprandiale la motricité colique augmente.
- La prise alimentaire provoque immédiatement et durant 1 à 2 heures un renforcement très significatif de l’activité motrice de l’organe.
- Cette augmentation porte à la fois sur la segmentation et le péristaltisme puisque la défécation est fréquemment déclenchée en période postprandiale (phénomène constant chez l’enfant qui n'a pas acquis le contrôle sphinctérien).
- Le terme de "réflexe gastrocolique" est habituellement utilisé pour définir cette stimulation du côlon par la prise alimentaire. En fait rien n'indique qu'il s'agisse d'un réflexe. D'ailleurs le stimulus n'est pas uniquement gastrique et la réponse n'est pas limitée au colon. II faut préférer le terme plus neutre de réponse colique postprandiale.
- Durant le nycthémère l’activité motrice du côlon subit d'importantes variations
(Figure).
- Durant la nuit, le côlon est pratiquement silencieux, vers 5 heures du matin, existe un pic d'activité segmentaire et péristaltique qui précède le réveil et dure environ 2 heures.
- Dans la matinée, l’activité colique est modérée, de type segmentaire.
- Le repas de midi déclenche durant environ 2 heures un pic moteur ou se trouvent mélangées des activités segmentaires et péristaltiques.
- L'après-midi, l’activité motrice est voisine de celle observée durant la matinée.
- Le repas du soir déclenche un pic moteur comparable en tous points à celui de midi.
- La prise alimentaire n'est pas le seul stimulus physiologique de la motricité colique puisque le pic matinal d'activité débute durant la dernière période de sommeil.