Introduction
Muscle lisse
Oesophage
Estomac
Intestin
Colon
Défécation
Motricité digestive
Activité mécanique
Comme le laissent prévoir l’anatomie de l’organe et les propriétés électriques des fibres musculaires gastriques, l’activité mécanique est très différente dans l'estomac proximal et dans l'estomac distal.
Estomac proximal
Description de l'activité
Dans le fundus et la partie haute du corps gastrique, l’activité motrice est réduite, limitée à de lentes variations de tonus dont l’amplitude est faible (0,5 kPa). On peut y enregistrer quelques contractions phasiques d'incidence aléatoire, mais l’activité péristaltique est absente.
Compliance
En revanche, l’estomac proximal présente une remarquable capacité d'adaptation. L'étirement de sa paroi répond à la loi des élastomères (comme la vésicule biliaire, le rectum et la vessie) de sorte que la compliance gastrique est élevée. L'estomac proximal est un organe capacitant capable d'accommoder un repas volumineux sans augmentation notable de sa pression endocavitaire.
Toutefois, à volume égal la vitesse de l’absorption influe sur l’adaptabilité gastrique. Une ingestion rapide (c'est-à-dire une distension rapide) est susceptible d'augmenter notablement la pression intragastrique. Il se crée ainsi un étirement pariétal à l’origine d'une stimulation des nocicepteurs intramuraux induisent la sensation d'« angoisse épigastrique » éprouvée lorsqu'un repas est ingéré trop rapidement.
La relaxation réceptrice est le mode d'adaptation de l'estomac à la charge alimentaire, elle se traduit par une baisse de pression dans le fundus, contemporaine de la séquence motrice oesophagienne (Fig. 12.5). La relaxation réceptrice est provoquée par les mécanorécepteurs pharyngo-oesophagiens. Elle entre probablement dans la séquence neuronale bulbaire qui contrôle le péristaltisme oesophagien. La relaxation réceptrice est d'origine vagale, elle dépend des neurones non adrénergiques- non cholinergiques.
Estomac distal
Péristaltisme
C'est l’activité caractéristique de la partie inférieure du corps gastrique et de l’antre.
- Manométriquement, il se traduit par des ondes dont l’amplitude est de l’ordre de 2,5 kPa et dont la fréquence maximale est limitée par celle des potentiels à plateau (3 cycles.min-1). Ces ondes propulsives sont dites de type II. Elles durent environ 20 s, elles se propagent de plus en plus vite en direction du pylore.
- Les ondes de type II sont facilement identifiables en radiocinéma ou elles correspondent à une indentation d'environ 2 cm qui descend le long des parois gastriques.
- Des études associant le radiocinéma et la manométrie ont montre que 70 % des ondes II éjectent de la baryte dans le duodénum, mais qu'il n'y a pas de corrélation entre 1'importance morphologique des contractions et l’amplitude manométrique des ondes péristaltiques. La fréquence des ondes antrales est habituellement plus importante à proximité du pylore. L'explication de ce phénomène a été apportée par le radiocinéma : lorsqu'une onde II vient buter sur un pylore fermé (c'est-à-dire lors-qu'elle n'est pas accompagnée d'une évacuation vers le duodénum), il se produit un retour en arrière de la contraction et du contenu gastrique. L'enregistrement manométrique est alors surchargé de ces ondes rétrogrades et à proximité du pylore on peut déceler plus d'ondes par unité de temps que ne 1'autorise la fréquence des potentiels à plateau (3.min-').
Autres ondes motrices
- On a identifié également des ondes de type I et de type HI qui n'ont pas de traduction radiologique. Les ondes de type I ont une amplitude faible (de l’ordre de 0,5 kPa). Elles sont non propulsives.
- Les ondes de type III correspondent à des contractions toniques qui élèvent durablement (1 à 6 min) la pression antrale, mais dont l’amplitude est faible (1 a 1,5 kPa). Les ondes de type II sont superposées sur les ondes III.
Pylore
Le pylore joue deux rôles essentiels : d'une part il régularise la livraison du chyme à I'intestin et d'autre part il limite le reflux duodéno-gastrique. Du fait de sa brièveté (2 cm de long) le canal pylorique est difficile à étudier en manométrie conventionnelle et la physiologie de ce sphincter est encore, au moins chez l'homme, largement inconnue.
L'étude de la littérature fait cependant émerger un fonctionnement différent en période post prandiale et en période de jeûne:
En période post-prandiale
- En période de réplétion gastrique, le pylore s'ouvre et se ferme en phase avec les contractions antrales. Le pylore est ouvert lorsque l’onde péristaltique démarre à la partie moyenne du corps gastrique, il se ferme lorsque celle-ci approche de la région antropylorique. Le contenu gastrique est refoulé, seul les liquides et les particules de petit diamètre peuvent franchir cette barrière sphinctérienne. Les particules plus volumineuses remontent vers 1'antre ou elles sont broyées par le péristaltisme. II est certain que ce fonctionnement joue un rôle déterminant dans le transport du chyme vers le duodénum, puisque la régulation de la vidange gastrique est très affectée par la pylorectomie et plus encore par l'antropy lorectomie.
- Le diamètre du canal pylorique (et donc sa perméabilité) peut être modifié indépendamment du péristaltisme antral, la riche innervation afférente du duodénum est à 1'origine de réflexes intramuraux qui peuvent ouvrir ou fermer le sphincter indépendamment de la motricité gastrique.
- Lorsque la vidange gastrique est achevée, les faits sont plus difficiles à interpréter. Le pylore ne se présente sans doute pas comme une barrière de pression telle qu'il en existe pour les sphincters oesophagiens inférieur et supérieur ou pour le sphincter anal. L'observation des endoscopistes, certes peu physiologique, indique que le pylore est fréquemment ouvert et que le reflux biliaire n'est pas rare. En réalité, en l'absence d'activité motrice duodénale, la pression de fermeture est faible; en revanche, lorsque le duodénum présente des contractions rétropulsives, le sphincter se contracte vigoureusement.
En période de jeûne
Lorsque les complexes myoélectriques migrants sont bien organisés, le pylore est en phase avec la motricité antrale:
- II est modérément occlusif durant la phase I ;
- Il se ferme lorsque lui parviennent les contractions antrale de la phase II.
- Il s’ouvre largement durant la phase III et peut laisser passer de volumineuses particules qui seront chassées vers l’intestin grêle. Le pylore participe donc à cette activité de « nettoyage » gastro-intestinal que représente l’activité cyclique de jeûne.