Introduction Muscle lisse Oesophage Estomac Intestin Colon Défécation Motricité digestive

Description des mouvements du contenu intraluminal

Le contenu digestif se déplace parce que des forces propulsives agissent sur lui, ces forces lui fournissent une énergie et modifient la géométrie du conduit. Les relations qui existent entre les contractions intestinales et les mouvements du contenu sont dans l'ensemble mal connues et la comparaison avec l'hémodynamique peu éclairante. Pour la circulation sanguine, le problème est relativement simple : ce systèmes dispose d'une pompe unique parfaitement définie qui fournit au sang sa pression et son énergie cinétique; à chaque point la vitesse de l'écoulement sanguin dépend de l'énergie totale du fluide et des résistances hémodynamiques. La dynamique des fluides digestifs diffère fondamentalement de l'hémodynamique, puisque le tractus gastro-intestinal présente virtuellement les propriétés d'une pompe sur toute sa longueur. Potentiellement, en chaque point l'intestin peut participer à la fonction de « pompage » et donc, en chaque point, ajouter de l'énergie au contenu luminal. La distribution spatio-temporelle de ces sites actifs de pompage est déterminée par l'ensemble des systèmes qui régularisent l'activité contractile Puisque de l'énergie peut être ajoutée au contenu en des points multiples, il n'existe pas dans l'intestin un gradient oral-aboral de pression qui propulserait le contenu dans le sens antérograde. Les mouvements de la paroi intestinale se classent en deux catégories : longitudinaux et transversaux. Les mouvements longitudinaux ne peuvent produire un changement du volume luminal que s'ils raccourcissent l'intestin. Les mouvements transversaux produisent un déplacement du contenu qui peut être déterminé en connaissant l'amplitude du mouvement pariétal en fonction du temps. Ces contractions transversales produisent à la fois un mélange et un déplacement du contenu. Les techniques d'étude de la motricité digestive détectent des signaux qui sont certes en relation avec les déplacements pariétaux, mais elles ne permettent pas de qualifier (longitudinal ou transversal) et de quantifier ces déplacements. Toutefois, les données expérimentales indiquent que le déplacement du chyme dépend essentiellement des contractions de la couche circulaire; la couche longitudinal n'intervient sur le mouvement du contenu qu'en raccourcissant l'organe, elle peut ainsi diminuer la durée du transit.
Le transport du contenu digestif ne dépend pas que de l'activité motrice de l'intestin, il dépend aussi de la composition et du volume du contenu intraluminal. Or, les propriétés rhéologiques du contenu digestif sont changeantes, modifiées continuellement par les sécrétions et l'absorption. On ne connaît rien de la composition point par point du contenu digestif dans l'intestin grêle, on observe simplement qu'en parcourant l'organe son contenu est de plus en plus concentré, de plus en plus visqueux. Plus on se rapproche de la valvule iléo-cæcale, plus la déperdition d'énergie liée aux frottements sera grande. C'est probablement la raison pour laquelle la vitesse du transit dans l'intestin distal est beaucoup plus lente que dans l'intestin proximal.
Les observations radiologiques (Figure). montrent que le contenu intestinal se déplace dans le sens oral et dans le sens aboral; mais au total le mouvement net est aboral. Entre le pylore et la valvule iléo-cæcale, la durée du transit est extrêmement variable puisqu'elle se situe entre 30 et 140min. Certains résidus alimentaires solides peuvent être stockes plusieurs heures dans l'iléon avant de franchir la valvule iléo-cæcale.