Introduction
Estomac
Intestin
Colon
Motricité digestive

Exploration de la motricité digestive


Les techniques d'étude de la motricité digestive chez l'homme peuvent se diviser en trois grands groupes. Le premier groupe concerne les techniques qui visent au résultat final de la motricité, elles constituent les méthodes d'étude du transit. Le second groupe concerne les méthodes qui s'intéressent à l'effet de la motricité sur la pression endoluminale, ce sont les méthodes manométriques. Le dernier groupe inclut les techniques qui visent à enregistrer l'agent causal de la motricité, ce sont les méthodes électromyographiques. On doit signaler que les techniques radiographiques, si elles sont souvent employées pour analyser le transit oesophagien et la vidange gastrique ne sont pas à proprement parler des méthodes d'exploration fonctionnelle : non quantifiable la radiographie utilise en plus la baryte, produit insoluble, donc sans osmolarité qui ne peut reproduire les effets du contenu digestif sur la motricité. Par ailleurs, en physiologie animale on peut utiliser des jauges de contrainte * cousues chirurgicalement à la paroi digestive, cette technique qui permet l'étude en chronique de la motricité digestive n'est évidemment pas applicable à l'homme.

Méthodes de transit

Elles sont simples, en général non agressives, très globales elles ne permettent pas l'analyse des phénomènes moteurs digestifs. L'étude du transit digestif est étudiée par ailleurs dans le détail (Cf. Chap. 9, p. 132) signalons simplement ici qu'à l'exception de l'étude du transit segmentaire dans le colon, les résultats de ce type d'étude sont très pauvres.

Méthodes manométriques

Notions générales

La motricité digestive chez l'homme est couramment enregistrée en manométrie. Mais, il faut savoir que pratiquement seuls l'osophage, l'estomac, le colon terminal et l'appareil recto-anal sont aisément accessibles à ces techniques.
La manométrie est basée sur la loi de Laplace : la tension pariétale (T) de l'unité de longueur d'un tube viscoélastique comme le tractus digestif équilibre une pression endoluminale P et maintien un rayon R : soit P = T/R. Lorsque le tube digestif se contracte, la tension pariétale augmente et le rayon diminue, donc la pression augmente, c'est bien sûr l'inverse lorsque le muscle digestif se relâche. La mesure de la pression endoluminale permet donc d'étudier l'activité contractile de la musculeuse digestive. Pour reconnaître la nature de l'activité motrice (péristaltique ou segmentaire), il faut toujours réaliser des mesures en « tandem », c'est à dire enregistrer plusieurs points adjacents du tractus digestif, le plus souvent on utilise 3 points de mesure espaces de 3 à 10 cm. La pression telle qu'on la mesure en exploration fonctionnelle est toutefois une valeur un peu théorique puisqu'elle est influencée par les pressions situées en amont et en aval du point de mesure, qu'elle est modulée par les variations de la pression thoracique et abdominale et la présence des viscères voisins, qu'elle dépend de la position du sujet; les conditions de l'exploration fonctionnelle : sujet à jeun et couché, ne correspondent que d'assez loin à la réalité physiologique. En dépit de ces dernières remarques, il est bien certain que les techniques manométriques sont celles qui ont apporte le plus d'informations sur la motricité digestive, normale et pathologique de l'homme. La manométrie oesophagienne et recto-anale font désormais partie des tests de routine en gastro-entérologie.

Différentes techniques

- La méthode des ballonnets consiste à introduire un ou plusieurs ballonnets remplis d'eau dans la cavité digestive. Les déformations des ballonnets seront transmises hydrauliquement à un capteur de pression externe (par exemple une jauge de contrainte). Le capteur transforme la variation mécanique en une variation électrique qui sera amplifiée et enregistrée. Cette méthode à l'inconvénient d'introduire un corps étranger relativement volumineux dont les qualités physiques (forme, taille, élasticité, contact avec la paroi) influencent fortement le trace. A l'exception du canal anal, on peut légitimement considérer qu'il s'agit d'une méthode obsolète.
- Les tubes ouverts perfusés sont très largement utilises actuellement. Des cathéters en polyvinyle, dont l'extrémité distale latérale est ouverte, sont introduits dans la lumière digestive, ils sont perfusés sous faible débit d'eau par une pompe hydropneumatique qui diminue la distorsion et l'amortissement du signal de pression grâce à sa faible compliance. Dans ces conditions on ne mesure pas réellement une pression, mais une résistance à l'écoulement. Les mesures obtenues ainsi sont parfaitement reproductibles, à la condition que les techniques d'enregistrement, les conditions de l'examen et les cathéters manométriques soient hautement standardises.
- Les capteurs miniaturises utilisent une technologie proche de celle des jauges de contrainte. Places en bout de sonde, ils évitent le problème de la distorsion et de l'amortissement du signal toujours possible avec une transmission hydraulique. Introduits directement dans la cavité digestive, ils donnent une mesure d'une qualité parfaite. Malheureusement leur coût élevé et leur fragilité restreignent encore leur utilisation dans la routine de l'exploration fonctionnelle digestive.
- Les capsules télémétriques sont des radiosondes qui émettent une onde à haute fréquence lorsqu'elles subis-sent une variation de pression. Elles peuvent être libres dans le tube digestif ou fixées sur un guide. Cette méthode est peu usitée, parce qu'elle pose des problèmes technologiques difficiles à résoudre pour l'utilisateur médical.

Techniques électromyographiques

L'étude électromyographique est plus ambitieuse que la manométrique parce qu'en captant Ies phénomènes électriques qui sont à l'origine de la motricité on espère en déduire une analyse physiologique et physiopathologique plus fine. Cependant, l'électromyographie est techniquement plus difficile que la manométrie. La nature des phénomènes enregistrés dépend de (l'amplification choisie et par ailleurs l'analyse des traces reste essentiellement qualitative. En fonction des constantes de temps de l'amplificateur on enregistrera soit les phénomènes lents (onde lente), soit les phénomènes rapides (potentiels de pointe) : bien entendu, la nature des résultats et leur interprétation dépendront principalement de la constante de temps choisie (figure 10.8).

Les électrodes dérivent l'activité électrique de la musculeuse digestive à partir de la face muqueuse : on utilise des électrodes de contact, simplement fixées sur une Sonde ; des électrodes à succion plaquées sur la paroi par aspiration et des électrodes à pinces qui ne sont pratiquement utilisables que dans le rectum.

L'électromyographie de contact permet d'introduire les sondes de mesure par la voie endoscopique et donc d'explorer des segments digestifs peu accessibles en manométrie conventionnelle ; elle permet aussi l'enregistrement de longue durée particulièrement intéressant dans le colon ou pour étudier l'activité cyclique inter prandiale du grêle. Il s'agit indiscutablement d'une technique promise à un grand avenir.